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CULTURE

La liberté, c'est l'esclavage

Cette phrase typiquement « doublethink » se trouve dans une fiction bien connue de George Orwell « 1984 » et c’est le pouvoir Big brother qui l’énonce.

CONCEPT:
L’esclavage c’est la liberté est à l’origine une bande dessinée de Chantal Montellier paru en 1984. Dans une extrapolation à outrance de notre société occidentale, on imagine quatorze lois qui régissent une société totalitaire et consumériste. A travers ces quatorze lois, on dresse un portrait tragi-comique de cette société.

Avant-propos :
A travers quatorze séquences, quatorze lois sont présentées dans les vingt-six minutes du film. L’esclavage, c’est la liberté, rassemble au sein de ces quatorzes séquences, une féroce critique d’un régime totalitaire imaginaire. Fortement inspiré à la fois par le productivisme capitaliste et certains éléments du soviétisme, cette société tyrannique ressemble à l’univers de Georges Orwell, dans son roman « 1984 », avec la mondialisation en plus. Dans cet univers, la liberté d'expression n’existe plus, puisque tout est récupéré par le système, pour le système. Ces messages venant tout droit de la propagande vont au-delà, du message de Thor Gibber, la figure politique du régime, ce sont les diktats politiques et sociaux de toute une société. Ces séquences sont risibles tellement le trait est grossis par la caricature. La principale figure du court-métrage, Thor Gibber est un visage immortel et adulé, une figure emblématique du régime policier et totalitaire de la société de la surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. D’immenses affiches et écrans vidéo sont diffusés dans les rues, indiquant à tous que « Thor Gibber vous regarde ». Les personnages qui courent au long de ces fables politiques sont ceux qui sont atypique: hommes au regard vide et au crâne rasé, soldats en uniforme, femmes brisées ou soumises ou revendicatrices, êtres presque nus, qui rêvent d’un monde meilleur.

La société :
l’esclavage c’est la liberté, c’est ce que l’on pourrait retenir de ce monde décrit ici. Un monde, où les libertés individuelles sont menacées avec le pire des scénarios et qui reflète, l’échec des sociétés civiles. Imaginé, dans des grandes villes, dans des univers urbain où les mégapoles sont semblables à des dizaines dans le monde. L’individu y est écrasé par la mécanisation généralisée des choses comme des hommes et où l’uniformatisation est devenue un pouvoir totalitaire. Des pouvoirs techniques accrus naissent des dangers nouveaux, jusqu’à la production de l’humain. L’homme devient donc instrumentalisé, choisi, et sous l’ordre de la technique et du productivisme. Une société qui deviendrait ultra contrôlée où règne le pouvoir de l’argent et la protection par la classe dirigeante de ses intérêts coûte que coûte et à outrance. La dictature s’impose donc à cette société dans un système cynique, cruel où l’hyper violence sociale est un fléau conforté par un pouvoir multi castes et autocratique. La chasse aux cosmopolites et aux minorités apparentes est l’un des aspects permanents de cette société qui s’applique à la fermeture drastique de ses frontières et à la préservation de ses emplois à certaines familles. Cette société telle qu’elle est présentée ici, est l’organisation par le renouvellement de ses élites. La reproduction de ses élites se faisant par cooptation et les filières méritocratiques contrôlées et manipulés par les classes dirigeantes politique, médiatique et économique de cet Etat où les clivages politiques ne sont que la représentation pathétique d’un état tout puissant qui maintient son pouvoir quel que soit le régime.

La mondialisation :
Premier constat dans ce monde imaginaire, inexorablement, les pays émergents ont cherchés à rattraper leur retard économique sur les pays riches. La mondialisation s’est donc uniformisée et la globalité des moyens des communications a permis l’uniformisation des systèmes technocratique et économique. Dans ce triste triptyque, l’Europe devient le premier marché de consommateur de la planète et pourtant, la censure existe toujours et on assiste à la discrimination des minorités. Dans ces pays occidentaux et face à la montée des intégrismes du Moyen-Orient, la peur du terrorisme est perpétuellement d’actualité et anime tous les débats alors que cette région est encore le théâtre d’opération de guerre constante. Cette société a fait d’une révolution culturelle des médias, l’ouverture vers une économie de marché à outrance, toute personnelle. Cette société totalitaire qui a généré une résistance et forcément, une dissidence a entraîné une répression par le régime. Les clivages politiques n’existent plus et ont donné naissance à un pouvoir de l’état tout puissant, où même les grosses multinationales, baissent l’échine quand il s’agit d’omettre les libertés individuelles. L’univers des télécoms mondialisé a donné naissance à un espionnage des masses à grande échelle, comme dans le vrai monde avec la NSA (National Secret Agency) qui regarde et qui espionne. D’une vision du monde, à la Orwell, qui regarde et qui observe ce qui est à l’intérieur des foyers, dorénavant, alors que nous sommes tous connecté, on contrôle ce que, l’individu, le foyer, l’entreprise, récupère, achète, vend ou visionne. D’une guerre froide qui opposait le bloc de l’Est contre celui de l’Ouest, on peut observer, qu’elle a évolué vers une guerre de réseaux et d’influence, où le « soft power » et le pouvoir des médias sont devenus des armes à part entière. Avec les armes du pouvoir politique et les armes du pouvoir économique se rejoignant, on remarque l’émergence d’un autre pouvoir, celui de l’argent. Ce dernier permettant de mieux entretenir les deux premiers.

Les médias :
Les médias ne s’adressent plus qu’à deux seules courant de la population, les jeunes et les vieux avec un fort pouvoir d’achat. Alors que presque instantanément, dans le monde entier, à l’heure des internets, on connaît tout sur les maux d’estomacs du chien d’une starlette Américaine, les esprits lobotomisés de la téléréalité et de la consommation, sont devenus la norme et une des cibles marketing de toute une industrie, celles des médias. La publicité devient un système économique qui s’applique à tout, même au individus et la dictature de la jeunesse, pousse au formatage télévisuel des populations de jeunes adultes, futurs consommateurs en devenir. La téléréalité y trouve sa propre réalité puisque vous y êtes choisi et mis en scène par le système médiatique servant la cause politique et économique. Thor Gibber nous rappelle constamment les aspects positifs et restrictifs de cette société, les écrans sont partout et la gestion individuelle de son image est là pour influencer toute une population. La culture, comme l’humain est sous vidéo surveillance, dans un système où vous êtes constamment présumée innocent, et toujours suspect, jusqu’à preuve de votre culpabilité.

Conclusion
Ce thème intemporel qui réunit productivisme de la libre entreprise et totalitarisme est l’un des paradoxes de la liberté. Il est ce que l’on pourra retenir de notre monde contemporain si les libertés individuelles étaient bafouées dans un système ne favorisant qu’une seule élite dirigeante. Cette société n’est-elle pas déjà le reflet poussé que celle que nous connaissons actuellement à quelques détails près ? La société qui est représenté ici, n’est pas très éloignée de celle que nous connaissons en occident, elle est juste l’extrême représentation d’une société comme la nôtre, si toutefois nos verrous démocratiques de la liberté d’expression étaient, un jour en panne.

MISE EN FORME :
Ce court-métrage d’une durée totale de 26 minutes, est composé de 14 séquences dans lesquels sont disposés en pré-générique, une phrase clé qui fait office de sujet pour lancer le thème de la séquence.

Le principe artistique du film est la superposition à l’écran d’images de décors en noir et blanc et de prise de vue des personnages en couleur. L’image des personnages prennent une signification particulière, traitée, également, avec des filtres vidéo. Les images des décors en noir et blanc rendent oppressantes les images des personnages en couleurs. Le contraste entre la couleur filtrée et les décors noir et blanc des rues et des habitations expriment une dichotomie stupéfiante entre le réel et le traitement du réel.

Ce truchement vidéo n’est pas sans rappeler la bande dessinée mais aussi les premiers trucages du cinéma et de la télévision. Le traitement numérique des images permet de renouer avec les fictions d’antan. C’est un hommage à Méliès ainsi qu’à Pierre Tchernia, Jean-Christophe Averty, Trividic et à tant d’autres qui ont utilisé le trucage vidéo par chrominance pour mettre en avant leur art.

Le tournage des décors en extérieur a lieu dans le quartier de la Défense (92) et le quartier Beaugrenelle Paris 15ème (décors) les prises de vues réels des acteurs et des figurants sont réalisés en studio. Musique électronique minimaliste, avec le son mécanique des boites à rythmes et des nappes de synthétiseur, l’ambiance sonore se veut illustrative, froide, lente, oppressante, sporadique, elle couvre l’intégralité des dix séquences.



1/14) La souveraineté appartient à Thor Gibber

Ambiance musicale: Musique nappe synthétiseur ambiant/dark.
Titre : jaune bouton d’or sur fond noir

Séquence 1 extérieur jour
A l’image en plan fixe :
Une photo de campagne électorale de Thor Gibber sur fond de quadrillage bleu électrique. Une lumière blanche éclaire le visage glacial du candidat par intermittence en faisant un bruit électrique.

Ambiance musicale :
Nappe synthétiseur + caisse claire ambiant/dark (5 secondes)

Ambiance sonore :
Ville, métro et coup de klaxon au loin, voiture qui démarre.


Le narrateur :
« La souveraineté appartient à Thor Gibber, aucune fraction du peuple, aucun individu ne peut en confisquer l’exercice. »
Séquence 2 extérieur jour
Ambiance sonore de ville et bruits de pas.

A l’image en pano de gauche à droite :
Une image de rue sale et grise est éclairée au néon en images de synthèse. Sur les murs, il y a des affiches électorales de Thor Gibber. Sur le large trottoir et en réel (vidéo) des gens habillés de combinaisons et d’uniformes sombres marchent la tête dans les épaules, allant tous dans la même direction.
Le narrateur :
« Cette souveraineté est garantie par la suppression des élections. Nul, désormais ne peut prétendre élire ou être élu. »

A l’image :
Une jeune eurasienne fait un écart et s’approche de face à la caméra.
Couper.

Séquence 3 extérieur jour
Musique nappe synthétiseur + caisse claire ambiant/dark. (8 secondes)
Le narrateur :
« Cependant, il vous sera possible une fois tous les sept ans de désigner la tendance Giberienne de votre choix. »


Ambiance musicale :
L’ambiant stoppe brutalement


Ecran noir

Séquence 4 intérieur jour
écran noir
Une musique de fanfare commence (5 secondes)


Fondue au noir

A l’image en plan fixe :
Il y a deux images de la même femme dans la même position (portrait trois quarts) l’intro dure 5 secondes :


A l’image :
Une femme de soixante-dix ans ne souriant pas est filmée de trois quart. Elle est habillée en militante politique et porte un canotier des badges et une écharpe sur sa robe à poix. Dans le fond, on distingue des rayures horizontales rouges et blanches et des étoiles dans la partie blanche.

Ambiance musicale :
La musique de fanfare baisse de volume


La femme :
« Choisissez la tendance blanche ! » et elle sourit bêtement.


A l’image :
Une femme de soixante ans ne souriant pas est filmée de trois quart. Elle est habillée en militante politique et porte un canotier des badges et écharpe sur sa robe à gros carrée. Dans le fond, on distingue des rayures verticales bleues et blanches.

La femme :
« Choisissez la tendance bleue ! » et elle sourit bêtement.



2/14) Tous les êtres humains naissent esclaves

Ambiance musicale: mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 extérieur jour
Musique synthétiseur électronique nappe + boite à rythme lente


Plan 1
Prise de vue aérienne d’une ville avec des gratte-ciels en extérieur jour qui pourrait être New York, Los Angeles ou Shanghai. Puis la camera se rapproche vers une rue en particulier puis vers une affiche de Thor Gibber.

Plan 2
Ambiance sonore de circulation.


Le narrateur :
« Tous les êtres humains naissent et demeurent esclaves et inégaux en droit. Toute forme de ségrégation et de discrimination doit être vivement encouragée et récompensée. »

Dans une rue au large trottoir, un homme noir est interpellé par deux hommes habillés en milicien, ils portent des armes à la main et l’un deux demande ses papiers à l’homme noir. Sur le mur sale, on peut voir une énorme affiche de Thor Gibber. L’homme est fouillé, par les militaires, ses deux mains posées contre le mur. Puis ils emmènent l’homme vers leur véhicule.

Plan 3
Ambiance sonore de circulation et de sirène de police au loin.


A cet instant, on entend des bruits de talon sur le trottoir. Et s’affiche à l’écran, une paire de sandale à haut talons qui passent à l’écran, puis on découvre les longues et belles jambes et le buste d’une femme d’un certain âge mais encore bien conservée. Habillée de façon sexy, elle passe devant les trois hommes, accompagnée par un caniche tenu en laisse. Elle dit à son chien : « Aller vient Tweeny, ne traîne pas… ».

Plan 4
Le caniche trottine derrière la femme, attaché par une laisse. Il est toiletté et porte un petit nœud sur la tête et un nœud papillon autour du cou, il dit en passant :
« A mort les bâtards ».


3/14) Le respect de la vie et de l’intégrité physique


Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 extérieur jour
Ambiance électronique : Charleston + boite à rythmes
Ambiance sonore de ville : sirène de voiture de pompier au loin, bruits de voiture, klaxon.


Plan 1
Gros plan sur un trottoir d’où l’on voit un caniveau entre deux voitures dans une rue animée. On peut observer aussi plus loin des voitures qui passent sur la chaussée.


Plan 2
Gros plan sur deux paires de chaussures d’hommes sur lesquelles tombe un pantalon gris et un pantalon noir.
Le narrateur:
« Le respect de la vie et de l’intégrité physique de chacun est relatif à son statut social et racial. »


Plan 3
L’homme:
Il est très excité et il parle avec les mains à un policier dans une rue:
« Je me suis éloigné un bref instant en la laissant seule et lorsque je suis revenu, il était là, il se pressait contre elle en y appuyant ses grandes pattes de singe, c’était obscène ! Dans la pénombre je ne voyais que le blanc de ses yeux lubriques à ce macaque, j’ai tout de suite compris ce qu’il s’apprêtait à faire. Par chance j’appartiens à une organisation qui s’entraîne au tir instinctif …J’ai pu réagir »

Plan 4
Le policier :
« Vous pensez que si vous n’aviez pas tiré, il l’aurait… »


Plan 5
Plan américain sans la tête de l’homme
L’homme:
« J’en suis sûr !..., D’ailleurs il avait déjà commencé, vous pouvez constater, elle a été souillée ! »

Plan 6
Plan moyen sur le policier
Le policier:
« Allons ne vous en faites pas ! Vous avez fait votre devoir ! »
Plan 7
Plan d’ensemble avec l’homme et le policier

L’homme:
« Oui, mais maintenant, j’ai peur qu’elle rouille ! »


Séquence 2 extérieur nuit
Dans la rue, deux femmes discutent en regardant la scène.


Une femme :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »


Une vieille dame avec son caniche dans les bras:
« Le nègre a uriné sur la voiture du monsieur !
»

On distingue l’arrière train de la voiture et sur le trottoir un infirmier qui déplace un brancard avec dedans un homme basané visiblement mort, il referme le sac contenant le cadavre.

Séquence 3 extérieur nuit
Un caniche dans les bras de la vieille dame dit :
« Mon dieu quelle horreur ! »


4/14) La radio et la télévision sont au service de Thor Gibber

Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Musique : Gimmick Thor Gibber
Ambiance sonore : Applaudissements et jingle sonore.
Plan 1
Sur la scène d’un plateau de télévision avec une image de Thor Gibber affiché en fond, plusieurs personnages sont debout sur la scène devant les caméras.


Le narrateur :

« La radio et la télévision sont au service de Thor Gibber. Elles ont pour mission d’accroître sa popularité grâce à des discours flatteurs pour les masses. De promouvoir son image grâce à des portraits et des interviews avantageux. De contrôler et d’influencer l’opinion grâce à des sondages menteurs et à toutes les formes de manipulations. »

Plan 2
Les uns après les autres, en gros plan, ils s’adressent à la caméra un micro à la main


Un nain habillé en Cochon dit avec une voix d’enfant :
« Et bien moi j’aime Thor Gibber »


Un Footballeur américain dit:
« Je pense que nous allons gagner et je voudrais ajouter une chose : j’aime Thor Gibber »


Une Danseuse/Chanteuse :
« Et maintenant, j’ai le plaisir de vous annoncer que j’aime Thor Gibber »


Un Présentateur de variété :
« J’ai l’immense fierté et l’honneur de vous dire que j’aime Thor Gibber »


Plan 3
La caméra s’éloigne de la scène du plateau de télévision et on découvre une télévision. La caméra s’éloigne encore en zoom arrière et fait une rotation vers la gauche. On peut voir un homme en slip d’une soixantaine d’années qui est assis dans un fauteuil devant sa télévision, elle diffuse le programme et on entend les applaudissements et la musique du générique. Il a le crâne rasé et il porte un code barre tatoué sur le front et dit : « Moi aussi, j’aime Thor Gibber »

5/14) Le maintien de l’ordre culturel

Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Ambiance musicale : Solo de guitare électrique distordu + boite à rythme.


Plan 1
Le narrateur
: « Tous les spectacles susceptibles de maintenir les masses dans leur ignorance et leur passivité et de contribuer d’une quelconque manière au maintien de l’ordre Giberien, seront abondamment diffusés. »

Une jeune femme :
Elle joue de la guitare électrique et est filmée de trois quarts :
« Je me sentis plus guidé par les haleurs, dès lors que je me suis baigné dans le poème de la mer infusé d’astres…Je courais, taché de lunules électriques, planche folle escorté d’hippocampes noirs,. Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques les cieux ultra-marins aux ardents entonnoirs,…Mais quoi, j’ai trop pleuré… »

Plan 2
Plan large sur un bureau avec la jeune femme debout jouant de la guitare et un homme derrière son bureau bien rangés qui les mains croisées dit :


L’homme:
« Oui !... C’est intéressant…Malheureusement tous nos crédits sont attribués à la musique militaire ! »



6/14) Chacun est tenu d’avouer publiquement


Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Plan 1
Le narrateur:
« Chacun est tenu d’avouer publiquement ses fautes, ses faiblesses et ses insuffisances. »

Un homme en slip sur un plateau de télévision est entouré par d’énormes caméras. Plusieurs personnes en uniforme sont assises dans des fauteuils et observent l’homme sous un halo de spot d’éclairage. L’homme dit:
« Je plaide coupable…J’avoue ne pas être toujours à la hauteur des situations, être inhibé, timide, introverti, mal dans ma peau. J’avoue commettre parfois des excès…de vitesse. J’avoue aussi être jaloux et tenté par la violence lorsque ma femme, à qui je ne donne pas satisfaction est obligée de me tromper… »

Plan 2
Gros plan sur une présentatrice télé, elle dit :
« Le jury de psy-télé après avoir entendu le témoignage accablant de son épouse et avoir délibéré, déclare l’accusé coupable et le condamne à trois mois fermes de rééducation sexuelle. »

7/14) La commission culturelle et idéologique


Ambiance musicale : Nappe synthétiseur + mélodie électro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir

Séquence 1 extérieur jour
Plan 1
Le narrateur :
« Tout projet de création scientifique, littéraire ou artistique devra être soumis à la commission culturelle et idéologique, nul n’est censé, penser, rêver, parler, écrire, imprimer, filmer, éditer, publier, sans une autorisation préalable ! »

Un homme avec un bonnet et une vareuse sur laquelle est inscrit un numéro, il déambule dans la ville, avec ses mains il mime l’écriture sur un clavier qui n’existe pas. Plan 2
Dans les escaliers d’un immeuble, l’homme est entouré par des policiers en civils, l’un d’entre eux porte une machine à écrire. Cette fois-ci, l’homme mime l’écriture avec un stylo.

Un policier en civil le prenant par le bras:
« Fais gaffe ! On n’aime pas les récidivistes. »


Plan 3
Gros plan sur le visage de l’homme le crâne presque chauve qui grimace en faisant un effort.


Le narrateur :
« La possession privée d’objets ou de moyens pouvant être utilisés à des fins provocatrices comme par exemple une machine à écrire, ordinateur, ou un téléphone est formellement interdite… »

Plan large sur l’homme qui est dans une cellule et qui est en train de graver des barres sur un mur à l’aide d’un clou.

Le narrateur :
« …et les receleurs sont passibles de peine d’emprisonnement. »


8/14) La femme n’a aucun droit


Ambiance musicale: Nappe synthétiseur + Charleston
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Plan 1
Le narrateur :
« La femme n’a en aucun domaine des droits égaux à ceux de l’homme, la dictature prend les mesures nécessaires pour restaurer les inégalités entre hommes et femmes. Toutes les discriminations fondées sur le sexe – disqualification ou exclusion de la vie professionnelle, chosification dans la vie quotidienne et sexuelle – seront approuvées et vivement encouragées par la loi ».

Le narrateur :
« Toute femme se rebellant contre son statut d’objet sera passable d’un châtiment corporel laissé au soin du père, du mari, ou de toute autre personne représentant l’autorité masculine. »

Plan 2
Dans une pièce, on trouve debout devant une carte d’état-major, un militaire. Assis dans d’épais fauteuil, on trouve trois personnages à la mine patibulaire. Ce sont : un curé, un politicien et un banquier.
Une femme est assise en tailleur les mains sur la tête, abattue.


Plan 3
Le narrateur :
« Le féminisme est considéré comme un terrorisme et ses adeptes seront mises hors d’état de nuire ! »


Une femme dos au mur, tend un sigle féminin devant un policier armé d’un pistolet.
Le policier :

« Lâche ton sigle ou je tire ! »


9/14) Les enfants des classes pauvres seront vendus

Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Plan 1
Le narrateur:
« Les enfants des classes pauvres seront vendus, parqués, numérotés, affamés, terrorisés, exploités…Les délinquants et les récalcitrants seront éliminés… »


Dans un bureau, la caméra se déplace le long du mur, sur une fenêtre et l’on découvre un portrait de Thor Gibber. Puis les deux silhouettes de deux hommes en costume sombre qui discutent l’un avec l’autre.

Un homme 1 au crâne rasé:
« Cette élève est inapte, ce serait une grave erreur de la maintenir plus longtemps dans une voie ou elle ne peut rencontrer que le découragement et l’échec…Ce qu’il convient d’offrir à cette fillette, c’est la possibilité de réussir et de s’épanouir en exploitant ses qualités naturelles, un secteur ou jolie comme elle est, elle fera merveille. »


Un homme 2 :
« La mode ? »


Un homme 1 :
« Vous voulez rire ! Non, l’industrie ! »


Un homme 2 :
« L’industrie !? »
Un homme 1 :
« Pornographique, bien sûr »


Ambiance musicale: Mélodie électro jeu vidéo.


10/14) Les droits des travailleurs sont supprimés


Ambiance musicale: Mélodie électro lente
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Plan 1
Dans une usine, des travailleurs à la chaîne peinent en déplaçant des bobines d’acier. Au premier plan, il y a des personnages semblables les uns des autres mi-robots, mi-humains qui travaillent devant un établi et font tous les mêmes gestes répétitifs.

Le narrateur:
Les droits des travailleurs sont supprimés, ainsi que les avantages sociaux. Toutes tentatives pour exprimer des opinions, faire connaître des revendications seront vivement réprimées et leurs auteurs portés disparus.

Plan 2
Des hommes âgés en slip sont étendus sur le coin d’un tapis roulant.


Le narrateur :
« L’âge de la retraite devra obligatoirement suivre celui du décès. »
Plan 3
Un mutant mi-robot, mi-humain est en gros plan. IL effectue des gestes répétitifs et saccadés.


Le narrateur:
« Grâce aux fantastiques progrès de la bioélectricité, l’utilisation des corps, pour la production se trouve sensiblement prolongée. »


11/14) L’embauche du personnel

Ambiance musicale:
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir

Séquence 1 extérieur jour
Plan 1
Image de supermarché qui ressemble à une devanture de manège de fête foraine.
Séquence 2 intérieur jour


Dans le grand magasin, au milieu des rayons où se trouvent plusieurs produits, une dizaine d’hommes sont aligné sur une estrade, ils portent des pancartes sur lesquelles est marqué un prix en euros. Une femme fait ses courses et pousse un énorme caddie et deux hommes sont en train de discuter.

Le narrateur :
« L’embauche comme le licenciement des personnels sont laissés à l’entière appréciation des employeurs, seuls juges en la matière. »
Voix dans haut-parleur :
« Occasion à saisir cadre déclassé valeur réelle trois mille euros. »
L’animateur :
« Approchez ! Approchez ! Travailleurs pas chers ! Infatigables ! Inusables ! Garantis cinq ans et pour quatre de ces articles, la maison vous offre un cinquième gratuit ! »

Un homme habillé en costume:
« Ah le cinquième m’intéresse, j’ai un robot à huiler ! »


12/14) Le contrôle sera total


Ambiance musicale: mélodie électro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Plan 1
Dans une image pixélisé prise de haut, un couple de passants marche dans la rue.


Plan 2
La caméra zoom arrière et laisse dévoiler une console avec un homme qui regarde l’écran dans lequel évoluent les passants.

Le narrateur :
Le contrôle sera total


Plan 3
Le champ de la caméra s’élargit toujours plus et laisse maintenant apparaître un écran dans lequel on observe l’homme qui est en train d’être observé par un autre homme. Sur le pupitre de contrôle on peut voir une bande dessinée.

Le contrôleur :
« ZN 7031, on ne lit pas de bande dessinées pendant le service ! »


13/14) La protection de leur santé


Ambiance musicale: nappe synthétiseur
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 intérieur jour
Le narrateur :
Quelques-uns auront droit gratuitement à la protection de leur santé et au bénéfice des soins et de la réadaptation que permettent les progrès scientifiques et techniques.


Dans des couloirs sans fin avec des étages dans un bâtiment gris, deux personnages marchent tout en discutant.



Un médecin militaire 1:
« La recherche médicale a fait des progrès considérables prenez par exemple le domaine de la cryogénie. »


« C’est une expérience fascinante, on assistera là a de véritables ’secondes naissances’ ce sera très émouvant, vous ne pensez pas ? »
Un médecin militaire 2 :
« Si, mais n’est-ce pas un peu cher payé ?...Des milliers d’euros par jour pour renaître, alors que d’autres sont déjà nés… »
Séquence 2 extérieur jour


Ils arrivent à l’extérieur de l’immeuble et devant se trouve une femme assise avec ses deux enfants, elle mendie.


Un médecin militaire 1 :
« …Peut-être mais vous devez savoir que la vie humaine n’a pas de prix ! »


14/14) La stratégie des grandes puissances

Ambiance musicale: Mélodie electro
Titre: jaune bouton d’or sur fond noir


Séquence 1 extérieur jour
Image de décharge, de no man’s land dans lequel évolue deux hommes qui marchent la tête baissée.


Le narrateur :
La stratégie que les grandes puissances suivent ou prétendent suivre, est la même…Aucun des super états ne tente jamais un mouvement qui impliquerait le risque d’une défaite sérieuse…La guerre, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieurs, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser, l’un l’autre. Mais bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide a préserver l’atmosphère mentale dont a besoin une société hiérarchisée…La guerre est une affaire purement intérieure, cela est la signification profonde du slogan : La guerre, c’est la paix.
Deux hommes, visiblement sdf, shootent du pied une boite de conserve vide. Le plan s’agrandit et on comprend que c’est une image sur une télévision.


Un sdf : « Quelle vie de chien ! »
Un sdf 2 : « Bah ! A la guerre, comme à la guerre »
L’image s’agrandit encore et on découvre, un couple dans son salon devant une télévision qui prend son petit déjeuner.


Séquence 2 intérieur jour
Le couple dans le salon
Un militaire :
« Mmmh quelle douceur, quelle paix ! »
Une femme; Elle porte une tasse de café à la main et dit :
« Oui mais éteins, le télécran s’il te plait ! »




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